lienlien
PredefKarnevalForum RP FR
Click



 

Partagez|


Hey, old man ! Watch me burn. - Joah Andersen

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Joah Andersen
avatar

❝ Watch me burn ❞



Messages : 150
Date d'inscription : 15/06/2016
Age : 19

Message Sujet: Hey, old man ! Watch me burn. - Joah Andersen Jeu 16 Juin 2016 - 11:02


" If I told you what I was, would you turn your back on me ? "
Hanne Kirsten Joah ANDERSEN
 Joah Andersen/Elise de la serre © Personnage original/AC Unity


Nom : Andersen

Prénom : Hanne Kirsten Joah

Date de Naissance : 6 Juin 1867

Âge : 22 ans

Origine : Copenhague, Danemark

Sexe : Femme

Race : Humaine

Groupe : Civils

Rôle : Voyageuse / Peintre / Pyromane

Sexualité : Bisexuelle

Le Caractère

Le silence enveloppe l’immense salon richement décoré d’un manoir aux abords de Londres. Le propriétaire, un jeune Lord allant sur la vingtaine, est figé au milieu de la salle luxueuse, assis de manière théâtrale sur un fauteuil de velours rouge, posant pour l’artiste installée devant lui. Son visage fier contient son trouble, et son cœur battant la chamade pourrait, lui semble-t-il, être aisément entendu par la jeune femme aux lèvres carmin, qui d’un mouvement frénétique de sa main gauche dessine avec assurance sa silhouette de jeune dandy. De temps à autre, sa main retombe, et elle l’observe sans retenue, scrutant les moindres détails de son anatomie sans manifester aucune timidité. Parfois, un sourire narquois se forme sur ses lèvres, alors qu’elle remarque la gêne du jeune homme.
« Levez-vous, je vous prie. »

Et il obéit, et elle s’approche de lui d’un pas conquérant, saisit délicatement ses épaules pour le faire tourner, remet elle-même sa ceinture d’apparat en place, défait un bouton de sa chemise, sans rougir un seul instant. Il est étonnant de constater qu’un être au tempérament si calme peut dégager autant d’autorité. Elle s’approche dangereusement de son visage, ébouriffe ses cheveux, son souffle régulier effleurant ses lèvres, et comme prit d’un instinct, il pose une main gantée sur sa taille, lève son visage vers le sien. D’un mouvement brusque, elle s’éloigne de lui.
« Je suis peintre. Pas prostituée. »

Et son regard doux s’est durcit en un instant, sa voix ayant pris un ton froid, distant. Elle s’éloigne de lui, retourne s’asseoir parmi ses fusains. Au bout d’une silencieuse et interminable heure, elle s’arrête de nouveau.
« Bien. Ce fut un plaisir, mon Lord.
- V-vous partez ? Si tôt ?
- En effet. Vous m’en voyez navrée, mais je ne puis donner suite à votre requête. Je vous suggère d’engager un artiste plus spécialisé que moi dans ce type de commandes. »

Son ton est froid et d’une politesse extrême. Malgré son refus, le jeune aristocrate ne peut la sommer de rester, car il l’a engagée en connaissance de cause. Cette artiste choisi ses modèles, pas le contraire. Ses yeux moqueurs laissent facilement entrevoir sa personnalité capricieuse, et elle les détourne de manière dédaigneuse lorsqu’il lui offre de l’aider à porter ses affaires jusqu’à la porte, lui signalant son refus par quelques mots brefs et polis. C’est d’ailleurs cela qui l’a choqué, lors de leur première rencontre ; sa politesse extrême, qui contrastait pourtant avec les actions troublantes qu’elle effectuait sans rougir. Elle touchait ses modèles de manière presque lascive quelquefois, mais s’exprimait toujours avec ce vocabulaire précis qui entretenait une certaine distance entre eux. La jeune femme était extrêmement tactile, mais sans trop en avoir conscience, si bien qu’elle s’offusquait lorsque l’un de ses clients lui faisait une avance. Elle était très fière, également. Une rumeur courrait comme quoi elle s’amusait à séduire ses modèles pour ensuite les abandonner sans jamais les revoir, une fois son œuvre achevée. Ces spéculations faisaient planer une aura de mystère autour d’elle.


Quelques heures plus tard, Joah était de retour dans son studio au plafond haut et aux murs tapissés de toiles représentant les paysages de ses voyages ; la jeune femme aux yeux clairs les fixait d’un air rêveur, rattrapée par sa nature mélancolique. Un recueil de poésie était posé sur ses genoux, et elle profitait du calme et de la solitude pour rêver à son prochain tableau. Cela était sûr, elle se servirait des croquis du jeune aristocrate au visage d’apollon, peut-être pour une scène mythologique ? Une représentation de Thor combattant le Jörmungandr, serpent monde, lui revînt en tête, et elle eut un sourire rêveur. Joah était agnostique, mais avait une affection toute particulière pour les dieux de ses ancêtres. Il lui arrivait parfois de se référer au panthéon nordique pour ses prières.
Son regard vagabond se porte alors sur un tableau récent, une vue du London Bridge, dévoré par les flammes. Le ciel rendu noir par la fumée recouvre tel un couvercle le paysage apocalyptique, et une lueur étrange passe dans le regard de la jeune femme. Elle semble avoir entrevu l’Idéal. Fermant doucement ses paupières, elle se laisse aller à une étrange rêverie, où les couronnes tombaient, ainsi que les Républiques, et où un seul drapeau, noir et immense, flottait sur les villes. La simple pensée d’avoir semée la discorde dans l’esprit de ses modèles la rendit euphorique, et la jeune femme au visage d’ange s’assoupie, perdue dans ses rêves d’anarchie.

C’était une créature aussi douce et aimante que froide et calculatrice. Elle avait un certain mépris pour l’aristocratie et les riches particuliers à l’ego démesuré, mais une sincère affection pour le petit peuple, pour les gens simples et débordés dont elle estimait faire partie, bien que sa situation financière soit plus qu’enviable. Elle aimait converser avec de parfaits étrangers, les rassurer parfois, tout comme elle prenait plaisir à troubler et instaurer l’horrible sensation de l’abandon chez les riches gens qui composaient sa clientèle. Elle avait une grande curiosité et une grande bienveillance à l’égard d’un monde qu’elle espérait un jour voir libre grâce à son idéologie.



Le Physique

L’odeur âcre de la térébenthine embaume la pièce aux riches tentures, faisant se froncer les narines délicates d’une jeune Lady enserrée dans un carcan de soie. Dans un recoin de cette salle, dissimulée derrière une immense toile de lin blanc, l’artiste l’observe, un sourire narquois aux coins de ses lèvres écarlates.
« Allons, Milady. Un peu de retenue. Vous ne voudriez pas qu’une telle expression transparaisse sur votre portrait, n’est-ce pas ? »

Sa voix douce et suave enveloppe le modèle comme une amère caresse, la faisant frissonner par cette simple réprimande. Son accent scandinave confère à chacun de ses mots un certain exotisme, singulier et exquis, une singulière élégance à ses propos, également. La jeune britannique devine le sourire délicat qu’aborde la silhouette cachée derrière l’imposant chevalet ; la courbe de ses lèvres rouges légèrement entrouvertes, étirées en un rictus presque moqueur, lascif, et ses yeux gris au regard troublant.
« Milady ? Tout va bien ? Vous vous êtes empourprée. »

L’artiste s’éloigne alors de son travail, faisant résonner les talons de ses bottes contre le riche parquet du manoir ; sa figure haute aux courbes athlétiques apparaît alors, se dirigeant d’un pas lent et assuré vers la jeune femme aux joues rouges. Sa taille, avoisinant le mètre soixante-dix, est encore grandie par les hauts talons de ses bottes hautes, lui arrivant aux genoux. Ses cuisses sont enserrées dans un pantalon d’homme bleu royal, à la couleur légèrement fanée. Une épaisse ceinture de cuir repose sur ses hanches, contenant les différentes brosses et pinceaux utilisés par le peintre. Une chemise en flanelle blanche aux manches bouffantes recouvre son buste, et un jabot immaculé recouvre sa gorge à la manière d’un aristocrate. Une veste d’un bleu élégant, sans manches, vient compléter l’ensemble. Ses mains blanches aux doigts fins sont recouvertes d’une épaisse couche de peinture. Elle tient un pinceau dans la gauche, et d’un mouvement habile, l’entremêle dans ses mèches rebelles, les maintenant d’une manière négligée et élégante à l’arrière de son crâne. Le halo incandescent de ses cheveux roux contraste avec son teint pâle comme une fine couche de neige. Ses mèches ondulées tombent sur ses épaules et dans son dos, libres, dans un style bien différent de celui des Lady aux coiffures savamment exécutées, relevant d’une œuvre d’art.
« Milady ? »

Son visage pâle aux traits doux et malicieux est désormais à quelques centimètres de celui, troublé, du modèle. La jeune artiste arbore toujours le sourire narquois et séducteur qui est sa signature, alors que son nez droit effleure celui de la Lady, son souffle se mêlant au sien alors que ses mains se posent délicatement sur ses joues rouges. Elle penche encore légèrement son visage en avant, traçant du bout des doigts la courbe allant des pommettes jusqu’à la gorge de son interlocutrice.
« … Je pense qu’il va falloir rajouter de la poudre. »

Et prenant une boite nacrée sur le guéridon aux dorures subtiles, la scandinave entreprend de poudrer le nez, les joues et la naissance de la gorge d’une Lady muette de stupeur, avant de retourner à son ouvrage d’un pas léger, faisant balancer ses hanches de manière provocatrice alors qu’elle se déplaçait dans l’immense pièce. Puis, de nouveau dissimulée derrière la toile imposante, elle se tut et la pièce replongea dans le silence.



Derrière l'écran

Enfaite, c'est quoi ton p'tit surnom ?   : C’est Eliott maintenant, ou Jojo, ou Grimm, faut dire que j’ai eu le temps de récolter quelques surnoms depuis le temps.

Je vois et tu as quel âge ?   : Plus vieille que la dernière fois, plus jeune que la prochaine ♪

Okay et c'est quoi ton niveau en RP ?   : Je pense qu’il est acceptable, voire bon quelquefois.

Tu aurais pas un double compte, toi ? : Oh, plein !

Sinon, tu fais quoi dans ta vie ? : Je mange, je respire, je dors (pas beaucoup :c), je juge.

Tu as trouvé le code du règlement ?   : Quoth the raven : Nevermore (bon je le remet, au cas où .-.)

Mais au faite, comment es-tu atterries là ?   : BOUM. J’ai rien compris.

Tu es en bon terme avec Bob l'Eponge ? : Non.

D'ailleurs, t'en pense quoi du forum ?   : :c

Tes derniers mots mon chou ?   : Brand ♥️






Introduction

1753, Klaipėda.

Deux êtres se tournent face à la foule qui les hue. Leur regard de destructeurs semble se rire de la populace qui les craint et les enchaine, et de cette torche immense que l’on avance vers eux depuis l’autre bout de la rue principale. L’évènement est tel que les plus hauts dignitaires Prussiens se sont joint à l’exécution, confortablement placés aux premières loges. Leur arrogance fait rire le couple qui envoie un baiser insolent à la masse haineuse.

Le feu s’approche et se reflète dans les yeux noirs de cendres de l’homme au halo rouge. Le regard du meurtrier se pose un instant sur l’horizon, et son bateau amarré au port royal, redescendant jusqu’à croiser des yeux similaires aux siens, secs et cernés à force d’avoir trop pleuré. Une main osseuse est posée sur l’épaule de l’enfant, et le pirate incline le menton, fixant avec insistance son bras droit qui emporte le bambin. Ne reste sur cette place que des visages inconnus qui cependant semblent tous le connaitre. L’homme tourne doucement son visage, avec difficulté, vers la femme enchainée à ses côtés.

Le regard clair de June est fixé au loin, suivant la progression de son enfant qui bientôt n’est plus qu’un point à l’horizon. Son visage est encore bleu et maculé de sang. Pourtant, cela n’empêche pas un sourire narquois d’étirer ses lèvres, alors qu’elle fixe ces gens qui d’une seule et même voix se mettent à hurler, à l’approche de la flamme :

« Gott mit uns ! »

Alors, la Reine de Feu tourne son visage balafré vers le Phénix, et les deux pirates se penchent l’un vers l’autre afin d’échanger un dernier baiser. Leurs voix se joignent en un même cri alors que les flammes se mettent à monter :

« Gott ohne uns ! »





1er Juin 1753. Après un règne de dix ans de terreur, Franz Aschenbrenner et sa compagne June Czakowski sont arrêtés par la marine royale. Le couple sera exécuté cinq jours plus tard, mettant ainsi fin à ce que l’on appela l’ère de cendres en mer Baltique.


1
I see fire

1872, Copenhague.


Les rues que la nuit embrume semblent baignées d’une douce quiétude, comme si rien ne pouvait advenir entre les murs hauts de la capitale danoise. Et pourtant, au détour d’une ruelle, au fond de l’allée de droite menant sur un cul de sac, une flamme naît, éclairant de sa lumière vacillante un visage juvénile. La gamine a quatre ans, cinq peut-être. Son regard qui n’est pas celui d’un enfant est rivé sur ce feu naissant, comme perdu au fond de cet abysse rouge. La flamme grandit. Bientôt, elle s’en va dévorer la pile de cartons laissés à l’abandon, s’étendant, faisant monter ce feu salvateur. L’enfant ne réagit pas. Aucun rire, aucune expression autre qu’une étrange indifférence n’anime son visage. La gamine aux cheveux rouges fait un pas vers ce ballet étrange, approchant sa main, plus près, toujours plus près, tentée de l’enfouir dans ces flammes qui lui paraissent si familières. Un sourire étire désormais ses lèvres gercées, comme si par cette action elle accueillait une vieille amie. La chaleur s’intensifie au fur et à mesure que la petite fille approche ses doigts de la surface intangible, jusqu’à ce qu’un cri, un appel ne déchire le silence.

« Hanne ! »

L’enfant se fige. Sans cependant retirer ses doigts. Une lueur confuse passe dans ses yeux clairs ; plus choquée par le son que par le sens de ce nom. Qui est Hanne ? Ses doigts s’approchent encore.

« Hanne ! »

La petite danoise sursaute, et aussitôt son regard confus se tourne vers l’autre bout de la ruelle, ou des bruits de pas paniqués commencent à se rapprocher. L’enfant se précipite hors de sa cachette, rejoignant la forme maternelle qui l’appelle, sans laisser un seul regard à ce feu qui s’étend. Devant le visage inquiet de sa génitrice, Hanne se fend d’un sourire enfantin, sa petite main venant chercher celle de la blonde pour s’éloigner avec elle du brasier naissant.

Cette nuit-là, des habitants alertés par la fumée éteindront l’incendie à temps.



2
Black Cat

1874, Copenhague

Il y avait, dans les rues de Copenhague, deux gamins bruyants, trop jeunes pour arpenter d’eux même les rues de la capitale, aux membres trop frêles et aux cheveux trop rouges. Tout le quartier connaissait le duo infernal que formaient ces deux jumeaux extravagants, car il était difficile de passer outre leurs fantaisies d’enfants. Dès que leur vieux voisin eut le malheur de leur apprendre à lire et écrire, les gamins Andersen s’en étaient allés fouiller dans les papiers brièvement laissés de côté par leurs propriétaires, et on ne comptait plus les maisons peintes de la mauvaise couleur à cause d’une de leurs farces. Sur la place du marché, on les surveillait, car ils avaient le don de courir après les bêtes et de les affoler. Bruyants, malicieux, chapardeurs mais rarement bien méchants, on voyait souvent, cependant, les bras de l’auto-proclamée aînée couverts de bleus ou de coupures, car elle n’hésitait jamais à se lancer dans la mêlée pour se battre avec les autres enfants. Son frère, lui, était le sage du duo, plus posé, plus timide et plus réfléchi, mais tout aussi malicieux qu’elle. En raison de son apparente passivité, beaucoup cherchaient à se jouer du petit Jørgen, mais ils se retrouvaient bien vite confrontés à la colère de sa sœur. Et être en conflit avec Hanne Andersen était quelque chose que personne ne souhaitait, dans ce quartier.


Il faut dire qu’elle avait une bien étrange réputation, sa famille, bien avant que les deux gamins ne naissent et ne sèment le trouble dans ce quartier danois. Hans et Mathilde Andersen, ses parents, étaient deux gens simples, à la limite du pauvre, qui travaillaient à l’usine et cousaient pour assurer la survie de leur famille. Un jour, on disait, une étrange lubie les avaient pris et le couple s’était mis à peindre ; ce qui, en moins de temps que ce qu’il ne faut pour faire un grand artiste, avait fait d’eux la risée du domaine artistique de Copenhague. Quand au reste de la famille, les parents de Hans étaient morts en mer lorsque celui-ci était tout gamin, ne laissant comme seule trace sur cette terre qu’un gamin orphelin qui deviendrait un homme taciturne, aux épaules trop larges et aux manières trop bourrues. Mathilde, quand à elle, on ne connaissait pas grand-chose de son passé, si ce n’est qu’elle avait un père qui vivait à une rue de chez eux, et que son grand frère était interné à l’asile, car il était fou et qu’aucun prêtre n’avait réussi à faire partir les voix dans sa tête.

Un oncle fou, un grand père malade, deux parents aux ambitions décevantes et leurs enfants trop virulents. Les Andersen étaient considérés comme les chats noirs de Copenhague.



3
Le diable dans les yeux

Il y avait, dans l’asile aux murs blancs, un homme immense, trop intimidant peut-être, aux yeux fous et tristes et au regard irrémédiablement perdu. Ses mèches bouclées de la couleur des flammes retombaient en sacs de nœuds sur ses larges épaules, et ses yeux clairs où brillaient une démence poignante étaient sans cesse voilés de colère ou de larmes. Malgré sa carrure menaçante, il avait un visage doux, cet homme, des traits de poète et pas de meurtrier, une lueur intelligente dans ses orbes pâles et de longs doigts de pianiste. Quand se levait l’aube, il fixait le ciel avec amour, juste avant que les médecins n’arrivent et ne viennent enfoncer la seringue dans le creux de son bras.

Tout le monde connaissait le danois, ici, il faut dire que cela faisait plus de quinze ans que celui-ci était interné à l’hôpital. Avant, disait-on, il avait entamé de brillantes études sur l’histoire du monde, avant d’être terrassé par une maladie de l’esprit qui le guettait depuis sa naissance. Passé du statut d’étudiant prometteur à pyromane dangereux, la question de l’internement n’avait pas traîné trop longtemps, et c’est après la destruction par les flammes de plus d’un quart d’un village voisin de Copenhague que les autorités lui avaient enfin mis la main dessus. Le jeune homme n’avait pas protesté ; à vingt-deux ans, il semblait déjà avoir été vaincu par la vie.

Erik Bruhn avait toujours été un individu un peu singulier au sein de la capitale ; parti de rien, dans une famille dont personne n’attendait réellement grand-chose, il avait vécu dans un milieu vétuste avant de réussir à se hisser jusqu’aux bancs d’une école prestigieuse. Personne ne savait trop comment ce gamin des rues avait acquis cette force de caractère. Certainement pas de son père, ni de cette mère qui avait toujours été absente, partie trop tôt, par ennui ou aléa de l’existence ; personne n’avait jamais su. Seul son père, Søren, en détenait la réponse, mais aborder le sujet avec cet homme était une façon certaine de le voir se fermer. Heike avait laissé une sourde tristesse dans son regard.


Sa folie semblait avoir encore plus détruit l’homme à la santé fragile qu’était le grand père de Joah, qui supportait, malgré tout, les frais médicaux de son fils. Lorsque Mathilde fut assez âgée pour travailler, la sœur de l’historien pris la relève, et se mit, avec son mari, à s’occuper de son frère bien avant que ne viennent Hanne et Jørgen.



4
" Les murs sont des nuages "

Hanne aimait cet oncle un peu fou.
Peut-être parce qu’il avait les yeux de la couleur du ciel.
Ou que sa voix un peu brisée semblait mélodieuse à son ouïe enfantine.

Personne ne savait réellement d’où venait l’attachement de cette gamine étrange envers cet homme qui ne parlait que peu, et qui pleurait trop souvent. Personne ne comprenait en quoi il était passionnant pour une enfant de son âge de rester assise à côté de lui, à lui tenir la main, des heures durant sans manifester aucun signe d’impatience quant à son silence. Personne ne savait vraiment d’où venait ces paroles enjouées, lorsqu’elle parlait de lui, et en parlait si bien que ses déclarations le faisaient passer pour le plus grand poète de la capitale. Il était beau, Erik, aux yeux d’Hanne. Et il était drôle, et perspicace, et c’était un adulte étrange, selon elle, car il n’avait pas des yeux fermés ; il comprenait tout.

Personne ne compris jamais à quel point il était tragique que cette petite fille puisse se sentir comprise par cet homme aux yeux tristes.
(Mais après tout, qu’auraient-ils pu faire ? Dès sa naissance, il était déjà trop tard.)

Les journées de la gamine étaient donc séparées entre deux endroits bien distincts ; les rues et l’hôpital. Dès qu’elle fut en âge de parcourir la ville seule, la danoise disparu tout à fait du champ de vision de ses parents, pour ne réapparaître que tard le soir, ou bien ramenée par une infirmière bienveillante qui assurait à sa mère trop inquiète que la rouquine avait passé la journée aux côtés de son oncle. Si cela paru alarmant au commencement, le couple se résigna bien vite à l’en dissuader et ne prononça plus aucune objection sur ses sorties répétées. Après tout, la présence d’Hanne semblait avoir un effet étrangement bénéfique sur le rétablissement du malade.


(Et puis, au fil des années ;
Le feu quitta le regard d’Erik.
Pour se transposer dans celui de sa nièce.)





5
(Ils ne comprendraient pas)

« Tu sais, Hanne, ils ne comprendraient pas même si on leur expliquait.
C’est trop viscéral ; ancré en nous jusqu’à la moelle. Au fil des années, j’ai fini par accepter le fait que cela avait toujours fait partie de moi. Que j’étais né avec ces pensées ; avec ce regard particulier sur le monde. Avec ces éclats de colère, et ces accès de tristesse, avec ce feu qui brûle sans relâche, tout le temps, partout. Sur mes mains, mon visage, le port et les rues, et sur le lit blanc, et dans la seringue, et dans tes yeux à toi, gamine.

Je sais que tu le vois aussi.
J’en suis désolé. Tu finiras comme moi ; je pense que rien ne peut réellement empêcher cela. Pour le moment, elles font seulement briller ton regard, ces flammes, mais un jour, j’en suis certain, la tension viendra s’ajouter à cela, une envie, une pression qui te déchire la poitrine à moins que tu n’y cèdes. Et le jour où tu la sentiras, le jour où cette pression ne sera plus un fantôme mais un mal, alors, tu chuteras aussi. Et tu te retrouveras à ma place, si tu n’as pas brûlé avant.

J’en suis désolé.

Je ne sais pas pourquoi tu es née comme ça ; pourquoi ce mal coure encore dans notre sang. Je ne sais pas. Je ne peux rien faire pour t’empêcher de brûler aussi. Parce que je sais que, quoi que je fasse, l’échéance sera inévitable. C’est un fait que j’ai fini par accepter ; ou plutôt, que j’avais accepté avant ta venue au monde. Désormais, je ne sais pas. Si ma rémission est temporaire ou si je t’ai transmis, par un biais que j’ignore, toute ma folie et cette fatalité. Si tu as été un remède ou un réceptacle. Je ne sais pas. Et j’en suis désolé. Je serais le seul à t’avoir jamais compris ; mais je suis tout aussi impuissant que les autres pour ce qui est de te venir en aide.

Alors, peut-être que tu brûleras. Ou que tu trouveras à ton tour ta Hanne. J’espère que tu ne partiras pas avant ; ou alors, que si tu succombes, alors cette folie s’en ira avec toi.

Mais quoi qu’il en soit, ne dit rien. N’en parle pas à ceux qui risqueraient de prendre peur et t’enfermer à ma place. Ils ne comprendraient pas. Ils ne chercheraient pas à comprendre. Ils n’ont jamais essayé. Alors baisse les yeux, et cache le feu dans ton regard. »






6
Fantôme

Et puis, un jour, Erik est sorti de l’hôpital et il est parti.

Un baiser sur le front de l’enfant-miracle, et une larme sur sa joue, qui avait roulé jusqu’aux boucles sauvages de la gamine. Cela, et ces mots fatalistes, un peu alarmants, tristes. C’est tout ce qu’il a laissé. Et puis, l’oncle fou a pris un bateau pour Dresde et il s’en est allé.

Guérit.
Plus de feu dans ses yeux.
Après des années passées entre ces murs blancs, il n’y avait plus rien.
Un véritable miracle de la science (du moins c’est ce que les adultes pensaient.)


Hanne avait huit ans. Elle ne revit jamais son oncle ; et l’historien ne donna plus jamais aucune nouvelle. Au fil du temps, Mathilde cessa de l’évoquer, si bien qu’au bout de quelques années, les jumeaux doutèrent même de son existence. Se demandant si l’oncle fou n’avait pas été un fantasme d’enfant ; une image passagère. Il n’avait rien laissé derrière lui, pas une trace, pas une photographie. Pas un livre ou une lettre signée de sa main. Pas un mot. Rien. L’asile ferma quatre ans plus tard ; laissant la place à une maison bourgeoise.

Au fil des années se sont effacées les traces de l’existence de cet homme.
Avait-il seulement jamais existé ?
(Plus personne n’en est vraiment certain, aujourd’hui.)

Son étreinte, ses pleurs, ses baisers
Se sont égrenés dans l’esprit de l’enfant-miracle.
Jusqu’à disparaitre, un peu ; jusqu’à ce qu’elle oublie
(Qu’il lui avait en vérité laissé un présent, à elle.)
La chaleur dans sa poitrine qui s’étendait doucement.





7
Lukas

Un an après la disparition du fantôme, une famille étrangère s’installa en ville. Les Olsen étaient un couple de bourgeois, qui vivaient à la périphérie de Copenhague. Christian Olsen était un luthier renommé à Oslo, qui avait quitté la capitale norvégienne pour étendre son commerce dans l’ancien royaume ; sa femme, Marie, ne travaillait pas mais élevait leurs quatre enfants. L’ainé, Lukas, était un gamin taciturne au regard froid et distant, son esprit étriqué étrangement doué pour toutes formes de calculs, mais qui semblait, au-dessus de tout, être un véritable prodige avec un violon entre les bras.

Il plut tout de suite à Hanne, ce gamin malpoli.

Il faut dire qu’il avait un regard particulier, revêche, un peu trop froid et violent pour un enfant de son âge, pour une âme qui, selon l’opinion commune, aurait encore dû être empêtrée dans la candeur de l’enfance. Lukas n’avait rien de tout cela. Sa forme était rigide, son dos droit, ses mains statiques et son ton maitrisé. Il avait un visage un peu émacié, les pommettes hautes qui le vieillissaient d’au moins cinq ans. Ses cheveux blonds étaient coupés courts, dans une mode immuable. Tout en lui inspirait une certaine rigidité ; il y avait dans son attitude, ses yeux clairs, quelque chose de sévère et d’austère. Quelque chose qui n’était pas de son âge, de son vécu, de son temps. C’était radicalement différent de l’attitude de son oncle-fantôme un peu illuminé, mais cette froideur trouva une résonnance en la rouquine, qui s’employa, à chaque fois qu’elle croisait son chemin, à suivre ce gamin étranger.

((« Eh, toi ! Tu t’appelles comment ? Où tu vas ? »
« Eh, eh ! Moi c’est Hanne ! T’es nouveau ici, non ? Tu t’appelles comment ? »
« Lukas Lukas ! »
« Eh, Lukas ! »
« Tu vas où, Lukas ? »
« Ça te dérange si je viens avec toi ? »
« C’est quoi, ça, Lukas ? »
« Eh, Lukas, tu pourras jouer du violon pour moi ? »))

Tout comme pour le fantôme, personne ne compris jamais trop comment cette gamine trop bavarde réussi à percer la carapace du blond ; ni trop pourquoi elle s’y employa avec tant d’énergie. Quel intérêt pouvait-elle trouver dans un garçon au regard froid, et hostile à tous ceux qui l’approchaient ? Même Jørgen semblait ne pas comprendre. Et pourtant. Deux mois après son arrivée en ville, on vit Lukas se rendre à ses cours de violon accompagné par l’ainée des chats noirs de Copenhague, sans cesse sur ses talons à babiller joyeusement sur absolument tout et n’importe quoi. Parfois même il était possible de distinguer l’ombre d’un sourire sur les lèvres toujours figées du petit norvégien.





8
Le port en flammes

Du texte ici ♪






Dernière édition par Joah Andersen le Sam 14 Juil 2018 - 18:15, édité 12 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Michael Perry
avatar

❝ Dealing with Death ❞



Messages : 634
Date d'inscription : 01/11/2012
Age : 25
Localisation : Sur vos traces

Message Sujet: Re: Hey, old man ! Watch me burn. - Joah Andersen Jeu 16 Juin 2016 - 12:50

Bonjour et re-bienvenue à toi Joah Smile
Très content de voir que tu es de retour sur Black Deal,
même si je ne pense pas avoir eu beaucoup de conversation avec toi à l'époque :O
(je ne crois pas d'ailleurs que j'avais le même perso qu'à présent, bref)

N'hésite pas à poser des questions si tu en as, et bon courage pour la suite de ta fiche Wink






(Click Out for Blood by Valley Of Wolves ♫ Merci Nomnomuchan pour l'emoji ♥)

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Joah Andersen
avatar

❝ Watch me burn ❞



Messages : 150
Date d'inscription : 15/06/2016
Age : 19

Message Sujet: Re: Hey, old man ! Watch me burn. - Joah Andersen Mer 22 Juin 2016 - 17:12

Bonjour et merci beaucoup !
(Non, il me semble que tu avais le même personnage lorsque j'y étais '^')

Je pense avoir fini ma fiche, j'espère qu'elle vous conviendra. (surtout que j'ai totalement perdu la main, n'ayant pas rp depuis deux ans je crois)
Enfin, je vous laisse juger.


Merci d'avance, et bonne journée o/
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Michael Perry
avatar

❝ Dealing with Death ❞



Messages : 634
Date d'inscription : 01/11/2012
Age : 25
Localisation : Sur vos traces

Message Sujet: Re: Hey, old man ! Watch me burn. - Joah Andersen Jeu 23 Juin 2016 - 20:46

Bonjour =)
Je pourrais me pencher sur ta fiche uniquement demain soir, voire samedi pour soucis personnels.
J'espère que le délai ne te sembleras pas trop long ^^'

Normalement il ne devrait pas y avoir de problème pour ta fiche, de ce que j'y ai vu, mais il faut que je trouve le temps de bien m'y pencher Wink






(Click Out for Blood by Valley Of Wolves ♫ Merci Nomnomuchan pour l'emoji ♥)

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Joah Andersen
avatar

❝ Watch me burn ❞



Messages : 150
Date d'inscription : 15/06/2016
Age : 19

Message Sujet: Re: Hey, old man ! Watch me burn. - Joah Andersen Jeu 23 Juin 2016 - 21:04

Bonjour ~

Ne t'inquiètes pas, je ne suis pas pressée x) Prend le temps qu'il te faudra.

Je comprends, je m'en remets à toi ^^ Bonne soirée !


HEY, OLD MAN
    « WATCH ME BURN. »

Let me burn brightly and light the sky, let me set the world on fire and pour ashes down my path -let me be this woman I dreamed to be, 'cause you're the one who told me all this world needs is a little anarchy.
   


Jeg taler ind #9999cc
Aesthetic
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Michael Perry
avatar

❝ Dealing with Death ❞



Messages : 634
Date d'inscription : 01/11/2012
Age : 25
Localisation : Sur vos traces

Message Sujet: Re: Hey, old man ! Watch me burn. - Joah Andersen Sam 25 Juin 2016 - 11:33

Bonjour Joah ^^,

L'heure de la validation est arrivée !

 Il n'y a pas de grosses fautes, ni même d'expressions qui me feraient tilter, donc pour ce qui est de la rédaction, il n'y a aucun problème. Ton style est agréable à lire. Juste le mot "studio" dans le caractère et l'histoire que je trouve un peu "décalé" avec l'époque (vu que c'est un mot plus moderne, enfin il me semble :O) mais je ne vais pas m'en offusquer x)

On a un très bon ensemble de ton personnage, que ce soit son histoire et sa personnalité dans ta fiche. Ta façon d'amener tes descriptions est très agréable. Tu as une plume plus que correct.

Je dirais que pour ton retour dans le rp, c'est très bon. (c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas xD)
Je pense qu'il ne manque rien, et si personne parmi le staff n'a rien à y redire, je te Valide parmi les civils.

Bon rps parmis nous ! Wink






(Click Out for Blood by Valley Of Wolves ♫ Merci Nomnomuchan pour l'emoji ♥)

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Joah Andersen
avatar

❝ Watch me burn ❞



Messages : 150
Date d'inscription : 15/06/2016
Age : 19

Message Sujet: Re: Hey, old man ! Watch me burn. - Joah Andersen Sam 25 Juin 2016 - 14:44

Bonjour ! ♪

Eh bien, merci beaucoup ! Je suis contente que ma fiche convienne !
Je suppose qu'il ne me reste plus qu'à aller rp, désormais ~

Merci encore ~


HEY, OLD MAN
    « WATCH ME BURN. »

Let me burn brightly and light the sky, let me set the world on fire and pour ashes down my path -let me be this woman I dreamed to be, 'cause you're the one who told me all this world needs is a little anarchy.
   


Jeg taler ind #9999cc
Aesthetic
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

❝ ❞




Message Sujet: Re: Hey, old man ! Watch me burn. - Joah Andersen

Revenir en haut Aller en bas

Hey, old man ! Watch me burn. - Joah Andersen

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

-
» m. jaycée-blue ◮ just gonna stand theire and watch me burn ? END.
» Watch Dogs
» Will you come find me if I crash and burn? — Siobhán
» Louys - A fire needs a space to burn
» E R O S // i love to watch the castles burn, these golden ashes turn to dirt.
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Black Butler : Black Deal RPG :: Pour en apprendre plus...
 :: ❝ Présentation ❞ :: En cours
-