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Heaven's door • PV Arielle

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Leopold
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Message Sujet: Heaven's door • PV Arielle Ven 2 Fév 2018 - 14:26


ARIELLE
&
LEO
HEAVEN'S DOOR ♦ Tonight, he was here for them.
C’était de la folie. Une pure folie. Son maître n'apprécierait en aucun cas de le savoir dans un tel lieu. Tous le monde lui dirait qu’il est inconscient d’oser tenter le diable. Qu’il est encore temps de faire demi-tour et de renoncer à cette entreprise. Ses pas s’approchèrent encore pourtant et toujours de l’opéra. Son coeur tressautait dans sa poitrine, dans la dangerosité de cette sortie, mais aussi de son but ultime. Il n’arrivait jamais à se raisonner. Et ce soir encore moins. Réprimer cette envie au fond de sa poitrine. Jamais il ne pourrait faire demi-tour, maintenant qu’il y était arrivé. La foule commençait à se faire grosse sur le parvis. Tous en habit de soirée. Des calèches provenant de toutes parts, qu’il eut bien du mal à éviter pour traverser. Le public rentrait déjà pour prendre place, impatient d’entendre enfin la voix de l’Ange de Varsovie.

Leopold ne pouvait pas bêtement se mêler à la foule. Il n’était d’ailleurs contrairement au reste sur son trente et un. Il avait opté pour un habit simple, assez large, et surtout un long manteau, le col relevé permettant de dissimuler partiellement son visage. Il portait également une échappe, pour éviter quiconque de reconnaître cette moustache dont il n’avait pas encore eu le courage de se débarrasser. Il longea le bâtiment dans l'espoir de trouver une entrée des artistes. Rapidement, il se retrouva face à une porte fermée. Impossible d'entrer ...
si on ne savait pas comment faire.

Leopold approcha son index à sa bouche, venant se mordre. Le sang commença à perler comme s’il n’allait plus jamais s’arrêter de couler. Il amena sa blessure au niveau de la serrure, venant de son autre main viser celle-ci. Le sang vint se glisser dans le trou, venant se répandre à l’intérieur, avant de se figer. Puis lentement il fit tourner le tout. La porte se déverrouilla, alors il se glissa à l’intérieur, laissant le sang à nouveau devenir liquide et s’écouler de la serrure. Alors qu’il marchait, rejoignant les coulisses, le sang coulait toujours de son doigt laissant sur le sol de temps à autre des gouttes rouges écarlates. Il sortit de sa poche un morceau de tissu qu’il enroula autour de la plaie pour éviter de se déverser sur le sol. Au loin, déjà, des applaudissements du public. Il hâta son pas, venant essayer de rejoindre la scène, enfin les coulisses, et surtout éviter les regards de technicien ou musicien un peu trop curieux de savoir ce qu'il faisait ici. Enfin, il y arriva, regardant de côté le public pour le moment encore éclairée. L'artiste tant attendue n'était pas encore là. Il pourrait enfin faire ce pourquoi il était venu. L'Ange de Varsovie ? Au non. Bien sûr, il était amateur d'art en tout genre. Même s'il n'avait jamais été à l'Opéra durant son ancienne vie. Non...

Ce soir il était là pour eux. La loge royale était parfaitement visible d'où il était. Rapidement, son regard ne lâchait plus le petit garçon de cinq ans qui se penchait pour regarder la scène vide, puis pointant du doigt les musiciens dans l'orchestre qui s'était installé et commençait à jouer pour l'attente. Les yeux de Leopold s'embrumèrent, son coeur semblait vouloir se stopper à chaque instant. Enfin. Pour la première fois, il pouvait voir son fils. “ Comme il est grand ... ” Parlant pour lui-même, son ton était parfaitement mélancolique. Quel père il faisait ... d'espionner ainsi sa propre famille après l'avoir pitoyablement abandonné. Il avait honte. Mais de peur de perdre Charles Edouard de vu, il préféra garda la tête haute. Quand une petite fille rejoint son frère, s'en fut trop pour lui. Une larme perla le coin de son oeil. Alice n'avait qu'un an de plus que son frère, mais il ne l'avait vu depuis si longtemps. Son coeur se brisa à cet instant, malgré la joie qu'il approuvait de les voir tous les deux...
 
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Arielle Leszniewski
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Message Sujet: Re: Heaven's door • PV Arielle Lun 19 Fév 2018 - 19:25

Heaven's doorI live for the applause,
Applause, applause.
( Sam Tsui → Applause )
Ce soir est un grand soir. Peut-être même le plus important de toute la saison. Ce soir, pas de missions d’infiltration ; pas de bordels sordides ou de tueries sanglantes. Ce soir, pas de mains tâchées de rouges, de balles à travers le corps et d’ailes se teintant un peu plus de gris et de noir. Ce soir, il n’y aura que l’opéra, les larmes et l’émerveillement ; ta voix angélique enchantant le public, et puis une réception, les fleurs et les compliments. L’admiration.

Ce soir tu vas chanter ;
Pour la famille royale
Et ces gens que tu aimes tant.

Et puis, tu retrouveras ta chambre ; cette unique pièce qui t’appartient un peu. Etrange, si tous ici savaient que l’Ange de Varsovie n’est logée que dans une pièce assez grande pour contenir un lit et une armoire, au cœur de Brixton. Que la cantatrice ne vit dans le luxe que lors de ses représentations, et que, le reste du temps, la crasse, la sueur et les coups font partie de son quotidien. Une poupée de chiffon que l’on pare de dentelle pour l’emmener chanter. Rien de plus. Pas une grande femme, ou une philanthrope qui changera le monde. Juste une énième infortunée prostrée dans le lit vide après l’orage.


Et pourtant.
Ton sourire est radieux.
Et tes bras sur lesquels pleut l’aube
Sont purs ; immaculés.


Assise dans ta loge, seule, tu observes ton propre reflet dans le miroir. Tes lèvres rouges, ce fard léger sur tes paupières. La robe qui miroite et donne à ton corps une prestance magnifique. Tes cheveux courts ramenés sur un côté, les perles à ton cou, tes gants d’un rose légèrement poudré. Ton regard si doux, dans lequel baigne un voile de tristesse qui ne disparaitra jamais vraiment. Tu ressembles à un ange ; quelle ironie. Si pure dans tes parures sobres, ton expression modeste n’ajoutant qu’une candeur supplémentaire à tes traits. Ton corps frêle, que personne n’imagine pouvoir blesser que quelque manière que ce soit. Tu es un mensonge. Une belle illusion.

Et pourtant, ta voix ne ment pas ; la seule chose réelle de cette mascarade. L’argent que tu devrais percevoir pour ces concerts revient certes à la mafia, mais les émotions que tu véhicules à ces gens qui t’écoutent ne sont pas factices. Ton unique fierté est de réussir à provoquer un sourire. Tout ce dont tu es capable en ce monde un peu gris. A défaut d’être un ange entrainé, bon sous tous rapports, tu seras une bâtarde d’humaine qui fait sourire.

L’anxiété te sert la gorge ; bientôt, tu devras monter sur la scène. L’heure approche. Tu as le trac, comme avant chaque représentation, malgré le sourire assuré que tu affiches toujours en société. Mais ici, seule dans ton intimité, tu permets à tes traits de se crisper, même si les larmes ne peuvent pas couler. Le maquillage est en place ; poupée de porcelaine.


Tu te redresses, te dirigeant d’un pas léger vers la scène. Personne dans les couloirs, Flavio a mieux à faire que d’envoyer ses hommes te surveiller, ou de s’en assurer lui-même. Tu ne fuiras pas, il le sait, et l’italien ne s’inquiète pas de ta sécurité. Une balle ? Tu n’en mourras pas, et tu auras le temps de neutraliser l’humain. Tu sais te battre. Il s’en est assuré, à tes dépends. Assez bien pour te laisser sans protection désormais.

Pourtant, tu sens une présence sur la scène. Impossible pour toi de te couper des émotions qui emplissent ce lieu ; mais celles qui se dégagent de cet homme sont tout simplement percutantes.

Comme il est grand…

Tu entends ses mots, ton ouïe plus fine que la normale les saisissant sans peine. Sa tristesse te déchire le cœur ; tu comprends. Les enfants au loin que le père regarde. Le petit garçon. Il a l’âge de ton fils. Ton cœur se brise en même temps que le sien, mais tu ne peux pas pleurer. Tu n’en as pas le droit. Alors, tu t’avances simplement vers lui, masquant le bruit de tes pas. Jusqu’à arriver près, très près, l’observant un court instant. Que fait-il ici ? Il se cache de toute évidence. Un père qui meurt d’envie de voir les siens, mais forcé à l’ombre… cela aurait pu être ton histoire si les tiens étaient toujours de ce monde. Mais la vie en a décidé autrement.

Alors, très doucement, avec toute la tendresse qui te caractérise,
Tu prends l’homme dans tes bras, le serrant un instant avec douceur.
Courte étreinte, juste assez pour le presser contre toi et effacer cette larme au coin de son œil.
Ta poitrine contre son dos, tu finis par le relâcher, prenant garde à ce qu’aucun cri de surprise ne fuse à travers le rideau opaque.

Allons.

Et le sourire que tu lui offres est infiniment doux et bon ; attendant que l’homme se tourne vers toi, tu viens caresser sa joue par la suite, dans un geste infiniment affectueux. Aucune question sur sa présence ici, aucune remarque ne franchit tes lèvres. Tu te contentes de lui indiquer, d’une voix douce :

Vous pouvez vous rendre dans le couloir ou bien la loge tout à droite. Personne ne viendra. Mais je vous déconseille de rester ici, le rideau va bientôt s’ouvrir.

Tu te recules d’un pas, observant la fabrique de velours qui masque à nouveau les rangées bondées.
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Message Sujet: Re: Heaven's door • PV Arielle Ven 9 Mar 2018 - 11:45


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LEO
HEAVEN'S DOOR ♦ I'm sorry to bother you.

Alors que son regard restait encore fixé sur les seuls héritiers qu’il avait mis au monde, des bras venus de nul part vinrent l’enlacer, alors qu’une silhouette féminine se serra dans son dos. Un instant, il crut que c’était son esprit qui lui jouait un tour, qu’il tentait malgré lui de remplacer un vide à combler depuis trop longtemps. Sa femme Hélène avait l’habitude de l’entourer de ses bras de cette façon, par le passé. Mais cela ne pouvait être elle. Sa figure était toujours aux côtés des enfants, les rappelant vite à l’ordre pour s'asseoir à leur place et se tenir calme. Était-il réellement devenu fou au point de s’imaginer et sentir cette présence ? “Allons.” Les bras se retirèrent aussi rapidement qu’ils étaient apparus.
 
Machinalement, Leopold se retourna pour regarder la personne qui l’avait rejoint sans faire le moindre bruit. De la vision d’ensemble qui s’offrait à lui, de la robe et la coiffure, du maquillage, il savait qui elle était, et ce qu’elle faisait ici. L’homme entrouvrit la bouche, cherchant à trouver les mots pour s’excuser de sa présence ici. Mais son émotion était encore si forte qu’il n’arriva pas à prononcer le moindre mot. Laissant la cantatrice venir lui caresser tendrement la joue et essuyant du même coup cette larme qui s’était échappé de son oeil. “Vous pouvez vous rendre dans le couloir ou bien la loge tout à droite. Personne ne viendra. Mais je vous déconseille de rester ici, le rideau va bientôt s’ouvrir.
 
Elle que l’ange de Varsovie se recula d’un pas pour lui laisser le loisir de partir, il jeta un dernier coup d’oeil en direction de ses enfants. Il avait déjà que trop profité de cet instant interdit, et il lui fallait maintenant faire de nouveaux adieux silencieux. Il rabaissa la tête, avant de venir s’éloigner. “Je suis désolé de vous avoir dérangé. Bonne représentation.” Il était légèrement surpris de tant de précaution et d’affection à son égard. N’importe qui aurait été étonné voire outrée qu’un inconnu n’accède à la scène sans autorisation. Alors entendre le conseil de se réfugier dans une des loges réservées aux artistes ? Serait-ce même celle de la cantatrice ?
 
C’est pourtant ce choix qu’il fit, venant rejoindre le couloir et suivre le chemin qu’elle lui avait indiqué, essayant de calmer les tressautements de ce coeur qui ne voulait s’apaiser dans sa poitrine. Et évitant encore une fois de croiser un technicien qui lui demanderait de partir immédiatement s’il le croisait. Il s’introduit dans la loge, venant refermer délicatement la porte. Même s’il savait qu’il lui fallait à présent partir, il ne pouvait encore se résoudre à le faire. Il lui fallait attendre la fin du spectacle, prenant le temps de mettre de l’ordre dans ses pensées. Mais plus il s’y concentrait, plus il avait l’impression qu’il pourrait faire la plus grosse bêtise de sa vie.
 

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Arielle Leszniewski
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Message Sujet: Re: Heaven's door • PV Arielle Mar 10 Avr 2018 - 23:50

Heaven's doorI live for the applause,
Applause, applause.
( Sam Tsui → Applause )
Je suis désolé de vous avoir dérangé. Bonne représentation

Quelle tristesse, dans son regard éploré. Dans ses mots, pourtant si sobres, et polis, et le dernier coup d’œil que l’homme porte au rideau, et à ses enfants, tout derrière. Pas une seule fois la question logique de la façon dont l’homme est entré ici ne t’effleure, trop occupée à lui sourire et à contenir ta propre peine et ta propre mélancolie. Tu ressens tout, Arielle. Voilà bien ton principal défaut. Un rien t’écorche et te brise, et lorsque cela est ajouté à ton empathie débordante, le résultat est bien peu glorieux pour un être tel que toi.

L’Ange de Varsovie.
Celle qui fait pleurer et sourire
A la voix si belle.
Celle qui tient le revolver
Et accompagne les hommes dans leurs derniers instants.

Imposture.

L’homme s’éloigne, te laissant le temps de reprendre tes esprits. Sourire sur son visage, ton dos droit, l’expression douce et fière, assurée. Au bout de cinq minutes, la musique monte, peu à peu, alors que tu te places au centre de la scène. La rumeur dans les rangs cesse tout à fait, alors que le crescendo attire leur ouïe comme la flamme le fait pour un papillon. Figés dans l’anticipation, pour entendre cette voie qu’ils attendent, dont beaucoup parlent, cette voix exceptionnelle et qui, selon certains, ne peut pas être humaine. Ah, s’ils savaient…

Le rideau s’ouvre devant toi, en même temps que la première note s’échappe de tes lèvres. Tendre, pleine d’une douceur presque palpable qui empli la pièce et monte jusqu’au plafond doré du bâtiment. Au fil des minutes, celle-ci s’intensifie, emplissant la salle, et les couloirs alentours. Peut-être fais-tu un effort supplémentaire pour que celle-ci soit audible par l’inconnu de la scène ; qui sait. Tes yeux se ferment sous le coup de la concentration, et puis, alors que les violoncelles et les flûtistes te suivent avec peine, tu entres finalement dans cette gamme impossible qui te caractérise.


L’oiseau chanteur que tu es n’a pas le cœur aux rires, ce soir, alors c’est ta tristesse et ton désarroi qui transparaissent dans ce chant cathartique. Tes yeux embués de larmes se ferment tout à fait pour ne rien laisser paraître, alors qu’un sourire, unique sourire tendre, doux et infiniment serein reste fixé sur tes lèvres rouges. Ange assuré et uniquement bienveillant, figure qui connait les peines et la tristesse d’une humanité douloureuse sans les vivre pour autant. Allégorie de douceur, nymphe, muse immaculée. C’est ce que tu es, aux yeux de ce public subjugué.

Mais pas une femme.
Pas un être qui sue et qui saigne.
Qui pleure le soir venu.
Et dont les roses finissent par faner.

Tu n’es qu’une belle allégorie, pour eux, trop irréelle pour que quiconque ne puisse réellement s’assurer de ta réalité. Existes-tu seulement ? Auras-tu seulement un impact autre que de tirer quelques larmes aux adultes et aux enfants à l’esprit figé ? Ces doutes t’enserrent la poitrine, une fois encore, sans ternir ton chant magnifique. L’auditoire est en pleurs.

Lorsque tu finis, la dernière note a quelque chose d’apaisant ; presque une excuse. Tu t’inclines et tu souris à la foule en émoi, acceptant et les fleurs et les baisers, et puis le rideau se tire, et tu ne reviens pas.


Seule sur la scène à fixer le tissu rouge, ressentant l’apaisement de ces âmes qu’aujourd’hui encore tu auras pu soulager. Pantin de porcelaine qui fixe les barreaux d’une cage dans laquelle elle s’est elle-même enfermée. Tu voudrais pleurer, te prostrer à terre pour ne plus bouger, et l’image de ces deux enfants en larmes puis en sourires hante ton esprit. Le petit garçon a l’âge que devrait avoir ton fils aujourd’hui, alors c’est normal, une nostalgie commune, cela va passer. Du moins tu tentes de t’en convaincre alors que tu marches le long du couloir silencieux, une gerbe de lys blancs immense encombrant tes bras.

C’est passager, Arielle, ça va passer.
Après tout, mon ange, tu sais bien
Que tu n’existes plus vraiment.

Tu pousses la porte de ta loge, les yeux baissés sur la nature arrachés que tu déposes sur le guéridon. Ton regard à vif restant un instant perdu dans sa contemplation.


Et puis tu sens une présence humaine, et tu viens sourire à nouveau.

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Dernière édition par Arielle Leszniewski le Ven 13 Juil 2018 - 9:31, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Heaven's door • PV Arielle Mer 30 Mai 2018 - 11:54

Enfin. La voix de la cantatrice s'éleva dans les airs et parcourut l'ensemble des coulisses, jusqu'à atteindre la loge où il s'était réfugié. Les notes qui lui parvenaient étaient d'une pureté incroyable. Elle était éloignée, restante sur la scène, et pourtant il l'entendait si bien vibrer au plus profond de son être. Il ne saurait dire à cet instant, si c'était un trop plein de ses propres émotions qui le fit pleurer, où si c'était cette note si particulière, mais également si mélancolique. De longues minutes s'écoulèrent alors, sans qu'il ne puisse contenir les larmes qui s'échappaient de ses yeux.

Pleurer ne faisait pas spécialement parti de ses habitudes, bien que très souvent, la nostalgie pouvait le forcer à rester en retrait du monde, de ses agitations, et surtout de son apprentissage. Son esprit vagabondait régulièrement au delà des tâches qu'on lui demandait d'accomplir. Finalement, sachant que la famille royale assisterait à un concert ce soir, il n'avait su se retenir. Ses enfants avaient illuminés sa vie. Sa fille en particulier. Cela avait été une épreuve terrible de les quitter... de se faire passer pour mort. Mais au vu de son appartenance, cela avait été nécessaire. Afin de protéger ses proches. Il n'appartenait plus à ce monde.

Une fois le concert terminé, il entendit les ovations unanimes du public. Et les applaudissements ne cessèrent pas avant un long moment. Leopold se redressa du fauteuil dans lequel il s'était installé, regardant son visage morne dans la glace de la coiffeuse installée en face de lui dans la loge, essayant de passer un revers de main sur ses joues.

Il se sentait presque soulagé d'avoir pu se laisser aller, dans le plus grand secret. Sans que personne ne puisse le remarquer, pourtant rapidement il tourna le regard vers la cantatrice qui revint de son concert. Elle ne sembla pas faire plus attention que lui, déposant un instant les lys blancs qu'on avait du lui offrir à la fin de sa prestation. Leopold se redressa un instant, essayant de cacher sa peine passée le plus possible, bien que la rougeur de ses yeux était difficile à dissimuler. “Je ne savais pas que c'était votre loge. Je vais vous laisser vous reposer, pardonnez-moi. ” Il n'avait pas envie de s'imposer plus que nécessaire. Et il avait envie de revoir ses enfants.

Mais est-ce que c'était vraiment une bonne chose ? De risquer d'apparaître devant les yeux de tous ? Si jamais cela devait arriver, les conséquences pour lui serait terrible, mais pas seulement. Il ne pouvait se le permettre, mais il en avait tellement envie. Il était si déboussolé, qu'il se sentait prêt à faire la moindre chose. Même la pire des bêtises...


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Arielle Leszniewski
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Message Sujet: Re: Heaven's door • PV Arielle Ven 13 Juil 2018 - 9:33

Heaven's doorI live for the applause,
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( Sam Tsui → Applause )
Tu as toujours été une personne naturellement très expressive. Né sans voix, il fallait bien trouver un subterfuge pour faire transparaitre tes émotions. Pour que le monde puisse te comprendre, et t’entendre d’une autre manière. Cela était passé par les coups, les grimaces, puis la musique de ton violon branlant, jusqu’à la scène puis aux pleurs de tes débuts d’ange. Une fois Flavio rencontré, cependant, ces expressions qui te caractérisaient eurent à partir, et ton visage prit ce masque de douceur infinie et de bienveillance que tous connaissent, sans que ce dernier ne laisse transparaître tes propres émotions. Ta propre peine.

Ne peut-on connaitre le bonheur qu’une unique fois ?

Tu te perds un instant dans la contemplation des lys, avant de retourner ton visage vers la présence humaine, lui adressant un sourire doux, simple. Il a pleuré, tu le vois bien. Si ce n’était ses yeux rouges, tu peux également sentir sa peine, si similaire à la tienne, et pourtant différente… ce n’est pas le même abandon. Ton enfant est mort, lui a dû, pour une raison que tu ignores, quitter les siens.

Je ne savais pas que c'était votre loge. Je vais vous laisser vous reposer, pardonnez-moi.

Le voyant dans cet état, tout chamboulé après l’épreuve que l’homme semble s’être lui-même imposée, et ton chant, tu sais d’avance que le laisser partir ainsi ne présagerait rien de bon. Les hommes de Flavio ne viendront pas avant longtemps pour débarrasser les lieux. Ce soir, tu rentreras seule, et passera des heures à fixer le plafond humide. A moins que ton esprit à vif ne trouve le courage de noyer ses réflexions dans un livre.

Doucement, tu t’approches après avoir retiré tes gants, ces derniers soigneusement pliés à côté des lys. Tes doigts se redressent doucement jusqu’à tendre vers sa joue, effaçant le coin de l’œil encore humide avant de la caresser doucement de ton pouce. Tes gestes tendres, maternels envers un homme qui malgré ta nature d’ange, doit être bien plus âgé que toi.

Restez, s’il vous plait. Vous n’êtes pas en état.

Tes doigts descendent à nouveau et cherchent à prendre ses mains entre les siennes, pour le guider jusqu’au fauteuil que l’humain vient de quitter. Souriant tendrement, toujours, tes gestes emprunts d’une infinie précaution, comme si cet homme pouvait se briser à tout instant.

Je vous en prie. Asseyez-vous…

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