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[+18] Watch me burn. — ft. Belzebuth.

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Joah Andersen
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Message Sujet: [+18] Watch me burn. — ft. Belzebuth. 20/11/2018, 16:37

Hey, old man ! Watch me burn.There's a memory of how we used to be
That I can see through the flames
I am hypnotized as I fantasize
Forgetting lies and pain
But I can't go back
...
The ashes call my name
( Starset → Point of no return )
Eh, vieil homme ! Regarde-moi brûler !


(Nous y sommes, Théodore.)

(Voilà. C’est comme ça que je finis. Les mains couvertes de cloques, les poumons emplis de fumée. Je suffoque. Je suis en train de mourir, Théo, pourtant je n’ai jamais été aussi heureuse qu’aujourd’hui. Le London Bridge continue d’exploser à côté de moi. Les fondations ébranlées, jamais je n’aurais cru pouvoir en arriver là. L’immeuble d’à côté est en feu lui aussi, et contamine les bâtiments alentours. J’entends les cris. Les explosions qui s’enchainent. Je n’ai jamais rien vu d’aussi tragique. Je n’ai jamais rien vu d’aussi beau.)


— Est-ce que tu me vois, Théo ?


(Regarde-moi. De là où tu es, fait attention à moi. Admire cette scène. Ce chaos divin. C’est aussi beau ce que ce tableau de Turner que nous avons contemplé ensemble, jadis, tu ne trouves pas ? Moi je trouve cela magnifique. Je crois que je suis en train de pleurer. Oui, c’est ça. Je pleure et je ris. J’ai mal partout, je m’étouffe. Mes mains sont paralysées et je crois que la cicatrice à mon flanc brûle à nouveau. Il faut dire, Théo, je suis presque au milieu des flammes maintenant. Je m’avance encore. Tout est brûlant autour de moi, c’en est insupportable. La tête me tourne.)


— Théo…


(Théo, où es-tu ? J’ai mal. J’ai tellement mal, je n’ai jamais connu ça. Je délire, les flammes se déforment autour de moi et se mettent à me sourire. Et puis je ris alors que mon hilarité m’arrache la gorge. J’ai du sang dans la bouche. Je m’étrangle, je suffoque, mes cheveux roussissent avec la proximité des flammes alentours. Où es-tu ? Je cherche ta silhouette au milieu du brasier et je sens ma rétine brûler peu à peu au fil des secondes. J’ai tellement mal Théo, pourquoi tu ne viens pas ?)

(Je pleure à nouveau. Mes larmes sont comme de la lave qui m’entaille les joues. Tout est douloureux. Penser, se mouvoir, parler. La fumée m’étouffe à nouveau, je me sens partir. Je te cherche, dans les flammes, alors que ces dernières continuent de se déformer et m’entourer un peu plus. Bientôt, elles fondront sur moi, et je ne serais plus qu’un souvenir.)


(Je vais mourir, Théo, ça y est, c’est la fin. Le feu pourrait s’arrêter maintenant, c’est trop tard. J’ai trop de fumée dans les poumons, trop de brûlures sur mon corps qui tremble. Et surtout, vieil homme, je n’ai plus envie de vivre. C’en est assez. J’ai passé suffisamment de temps loin de toi. Maintenant c’est à mon tour de disparaître. Si tu savais comme cela me rend heureuse.)


— Je t’aime.


(Ma gorge se brise, le sang l’empli et je suffoque encore. Je ne peux plus parler. Respirer est déjà bien assez douloureux. Ma voix, aphone désormais, un cri de douleur silencieux. C’étaient mes derniers mots, Théodore, mes dernières paroles.)

(Elles sont pour toi.)
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Belzebuth
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Message Sujet: Re: [+18] Watch me burn. — ft. Belzebuth. 22/11/2018, 13:29



HIGHWAY TO HELL ♫









Les flammes. Dévorantes. Le feu éclatant. La lumière aveuglante. Et les cris. Tant de vies détruites ce soir. Tant d'âmes à récupérer. Oui. Il est comme le feu, insatiable et destructeur. Tout ce qui se trouve sur son passage, sera détruit. Gula le lui a bien appris ça. Jamais il ne sera assez satisfait. Jamais. Il ne sera assez repût.

Des aboiements de chiens surviennent. D'entre les flammes. Qui appellent au sang. A la rage. A la mort. Sortant d'outretombe. Qui se rapproche d'elle. Elle. Cette fille d'Eve. Qui a osé allumer le feu. Et dont le corps brûlé attire à présent les pires des charognards.

« Je t'ai trouvé. »

Une silhouette noire. Difforme. Apparaît face à elle. Le double de sa hauteur. Jusqu'à ce que de multiples yeux s'ouvrent sur elle. Les iris de sang braqués sur la forme enflammée. Les aboiements ont cessés. Disparus. Les yeux la fixent. L'observe. La sonde.

« Regarde-toi. Pathétique créature. Te donner la mort pour un grain de poussière. Crois-tu vraiment que le seigneur t'ouvriras ses portes ? »

Les flammes cessent. Sur ce corps féminin. Comme étouffée. Peu à peu. Par une force inconnue. La silhouette vient pencher sa tête. La matérialisant pour un visage humain. Un sourire difforme. Des cheveux longs noirs. Retombant de chaque côté de son visage. Il semble avoir déceler une chose. Enfin. Deux. Il se rapproche encore.

« Je le connais assez pour dire qu'il t'abandonnera dans mes bras sans le moindre remord. »

Son visage presque collé au sien. Il l'effleure. De son nez. L'approchant de ce visage brûlé. Il n'y a pas que de la chair et une âme. Oui. Il y a bien quelque chose d'autre en elle.

« Est-ce vraiment toi qui a mis le feu... je me le demande. Je ferais peut être mieux de sonder cette âme pour avoir la réponse. »

La demi-ombre agite un bras. Une tête de chien immense venant apparaître. A son extrémité. Avant de plonger la gueule en avant vers Joah. La happant. Ou plutôt passant à travers d'elle, pour atteindre ce qu'il y a dans son corps. Savoir. Lire sa bobine. Et découvrir ce qu'il y a avec elle.
(c) Dyrelia - ne pas copier


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Joah Andersen
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Message Sujet: Re: [+18] Watch me burn. — ft. Belzebuth. 22/11/2018, 15:14

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(Où es-tu, Théodore ? J’ai mal. J’ai tellement mal. Je cherche ta forme dans le brasier, mais rien ne vient encore. Mes yeux me brûlent. Le monde se trouble. Est-ce un coup de la douleur, ou bien la surface de mes iris qui ne va pas tarder à fondre ? Je ne sais pas. Je n’arrive pas à distinguer ces deux états de fait, désormais.

Le monde est une mélasse noire, rouge et grise qui se meut et se déforme à une vitesse ahurissante devant mon corps qui se détruit.
Le monde est une mélasse douloureuse qui me torture et m’agresse, faite de flammes et de cris qui ne sont plus les miens.

Les gens meurent, tout au loin, ça je le sais. Je ne pensais pas que les immeubles prendraient feu à une telle vitesse, que le pont de Londres se détruirait avec une si déconcertante facilité. Je ne pensais pas que mon entreprise serait vouée à un tel succès. Et cette réalisation ne fait qu’accroitre la joie horrible qui surpasse la peine dans ce dernier moment de mon existence.

Pourquoi ai-je envie de rire, par-dessus mes pleurs ?)

Je t'ai trouvé.

(Je ne l’ai pas vue tout de suite, cette silhouette qui s’est faufilée jusqu’à moi, me surplombant. La douleur me vrille les tympans, pourtant cette voix sinistre semble s’immiscer au creux de ma poitrine. Mes genoux brûlés jusqu’à l’os me lâchent, alors que je m’écroule finalement au sol. Seule reste cette vision de ce qui me semble être un millier d’yeux rouges braqués sur moi. Le feu cesse. Etrangement, la perte des flammes rend la douleur bien plus lancinante. Un cri silencieux arrachant de nouveau mes cordes vocales détruites.)

Regarde-toi. Pathétique créature. Te donner la mort pour un grain de poussière. Crois-tu vraiment que le seigneur t'ouvrira ses portes ?

(Si j’avais encore eu une voix, j’aurais certainement répondu que non. Je n’attendais rien de ce seigneur qui n’existe de toute évidence pas. Je n’ai jamais cru en un dieu unique. Ou un dieu ultimement bon. Si dieu avait existé, alors il ne m’aurait pas laissée naître. Ou bien il n’aurait laissé Théodore mourir.

Me donner la mort pour un grain de poussière. Il ne comprend pas. Cette chose ne comprend pas. Je n’ai pas peur, mon esprit halluciné et asphyxié par les flammes ne comprenant pas à cet instant la gravité de ce qui est en train de se jouer. Ne comprenant pas que ce n’est pas une illusion, ce monstre sorti des flammes, mais l’une des pires créatures que les Enfers aient jamais porté.)

Je le connais assez pour dire qu'il t'abandonnera dans mes bras sans le moindre remord.

(Il se rapproche, et puis c’est un visage humain au sourire terrifiant qui se tient devant moi. S’il n’avait pas parlé avant, j’aurais pu le prendre pour Théodore. D’ailleurs, je crois que je souris, lorsque son visage effleure le mien. Même si la sensation d’une peau contre la mienne, entièrement brûlée, est agonisante. Je souris. Je pleure. J’ai envie de hurler ma peine et de danser au même moment. Mon esprit déchiré en deux. Ma tristesse légitime, ce désespoir qui m’a poussée à la folie. Et puis cette chose, au fond de mes synapses, le pyromane qui danse et qui hurle « encore »….)

Est-ce vraiment toi qui a mis le feu... je me le demande. Je ferais peut être mieux de sonder cette âme pour avoir la réponse.

(Le choc de voir ce molosse immense fondre sur moi achève de briser mon esprit déjà trop résilient. Mes lèvres s’ouvrent sur un cri silencieux, et puis je crois que mon corps s’est relâché et que j’ai enfin rejoint le néant.

Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé après.)

_________________________________


C’est une forme calcinée qui se tient au milieu du cercle sans flammes.
Prostrée en chien de fusil, noire de cendres, la peau fondue par la chaleur.
Une vision d’outre-tombe, pathétique et répugnante à la fois.

Le corps ne bouge plus, ne tremble plus. Vaincu par les flammes et offert au démon qui a main mise sur cet esprit délabré désormais.

Au fond de ce dernier, les flammes dansent encore. Une partie de celle qui s’est tuée pour une promesse idiote encore éveillée. Le fou la sent, cette intrusion qui les transperce, dévoilant la bobine où l’existence de son hôte -leur existence- se retrouve mise à nu.

Et puis d’autres fragments, une bobine assombrie, brûlée, abîmée par le temps.
Une bobine qui jamais n’aurait dû se trouver ici.

_________________________


BOBINE CINEMATIQUE


C’est une enfant. Une gamine rousse qui court dans les rues de Copenhague, fuyant le monticule en flammes sans comprendre pourquoi elle s’est résolue à l’allumer. C’est cette même enfant qui court dans les couloirs de l’asile, embrassant cet oncle au regard aussi fou que le sien.

Rires hystériques. Les flammes consument l’homme enchaîné au bûcher, léchant sa chair et asphyxiant sa gorge déployée face au ciel. Le pirate est hilare dans la mort, se riant et de ses bourreaux et du dieu qu’il ne rejoindra pas.


C’est une fillette au regard plus grave qui se bat dans les rues de Copenhague, défendant ce frère trop timide qui se tient derrière elle. Le sang sur ses poings d’enfants ne semble pas la déranger, pas plus que les brûlures qu’elle cache si bien à maman le soir.

Le dos courbé, les mains croisées sur le sac de cuir usé. L’homme continue d’avancer dans le paysage hivernal, transit de froid et seul dans son chemin. Parfois il s’arrête pour regarder les montagnes, et alors un sourire étire son visage aux lèvres gercées, où ses mèches sombres trop longues viennent parfois à se coincer. Il sait que demain, il sautera des cimes pour rejoindre le néant.


Une toute jeune femme. C’est une toute jeune femme qui rit et qui danse, accrochée aux bras du jeune homme blond un peu mal à l’aise dans cet élan de joie. Ils sont enfin seuls, ils ont fuit leur famille et ils s’embrassent, grisés par une liberté arrachée à la force de leur jeunesse trop peu soucieuse.

Le tableau grince sous la craie, alors qu’il finit de noter la formule mathématique au dénouement complexe. Puis l’homme au boucles rousses coupées courtes sur les tempes soupire, observant le feu dans la cheminée, et puis la corde accrochée au crochet planté dans le plafond. Ses mains tremblent lorsqu’il force son œil à se défaire des flammes lui rappelant un bûcher qu’il n’a pas connu, et puis il monte sur le tabouret et passe la corde à son cou. Ce n’est pas si grave, après tout il a résolu l’énigme qui l’a obnubilé toute son existence. Il peut partir désormais.


La couronne de lilas tombe lourdement sur la stèle fraichement gravée, alors que la jeune femme se détourne de la tombe et fuit le cimetière, le regard brouillé par les larmes. Théodore n’est plus, il est mort et il est parti. Elle voit de nouveau les flammes danser dans les coins de sa vision, terrifiantes et bien trop tentantes pour un esprit qui se voudrait sain.

Les murs blancs ont quelque chose d’étrangement rassurant, lorsque l’on sait qu’ils nous empêchent de détruire le monde alentour. Ils sont rassurants, ces murs qui enferment, lorsqu’ils offrent la certitude de prévenir et le carnage et la folie, et que nos seules perspectives d’avenir sont le médicament du soir ou bien celui du matin, apaisant ou assommant selon l’heure de la journée. Destin qu’il a choisi pour échapper aux flammes.

Elle observe les bombes dans la malle, soupirant et les rangeant finalement au fond de son sac trop lourd. Ses gestes sont calmes, méthodiques, alors qu’elle dépose son funeste arsenal sur le canapé et s’approche de la table ou une petite dizaine de lettres d’adieu sont disposées. Il n’y a plus aucun objet personnel dans l’appartement aux murs crème.



FIN BOBINE


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Belzebuth
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Message Sujet: Re: [+18] Watch me burn. — ft. Belzebuth. 27/11/2018, 14:23

L’âme humaine. Ce que beaucoup de démons convoitent. Tous. Peut-être. Pour se nourrir. S’amuser. Torturer. Manipuler. Sur laquelle on crache. Aussi. Enormément. On la désire. Autant qu’on s’en moque. N’est ce pas cette âme qui font d’eux des humains ? Cette nature que tous semblent traîner dans la boue. Renier. Et pourtant. Ils en ont besoins. Ils aiment ça. Ils les côtoient. En redemande encore. Et le feront éternellement. Ils en sont esclave. Tout comme ce que Dieu a voulu d’eux.

Triel avait détesté ces humains. Tout comme Lucifer. Pourquoi est ce que leur père les avait créés ? Pourquoi se détournait-il d’eux et leur ordonnait il à présent de les servir ? Eux ? servir ? Être esclave des Hommes. Non. Ils avaient refusé. Ils s’étaient rebellés, avaient défendu leur libre arbitre. Leur choix de ne plus servir. Et pour cela, ils avaient été déchus. Ils avaient tout perdu. Jusqu’à ce que leur leader ne leur montre la voie. Leur montrant tout le mal qu’ils feraient à présent. Contre cette créature de dieu.

Mais en fin de compte. Ils étaient encore dépendant d’eux. Comme tous. Ces créatures primitives. Pathétiques. Répugnantes. Seraient pourtant la clef de leur salue. Dieu devait payer pour ce qu’il leur avait fait. Tous. Ils devaient prouver. Que la petite créature ne valait pas mieux qu’eux.

Le roi d’Ira regarde cette âme. Comme celle des autres. Regardant la bobine qui se déroule. Cette vie de misère. Aucun Dieu ni céleste capable de l’aider. Une vie banale comme les autres ; Puis une mort certaine.

Non. Ce n’était pas l’humaine qui l’intéressait. C’était cette autre chose. Cette autre chose qui conservait encore des fragments. D’autres cinématiques ? Souvenirs ? D’autres personnes …

Il n’avait aucune idée de comment cela était possible, si ce n’est que cette entité avait surement cohabité avec plusieurs générations. C’était la seule solution.

Et c’était elle. Lui. Qui l’intéressait. Ce désir de feu ardant. De chaos.

Alors il fit ce qu’il avait déjà prévu de faire au départ, en voyant cette passion.

Du bout de son être à présent déchu et noir, il vint toucher cette âme, la manipuler avec sa propre essence. Usant des ténèbres pour la manipuler.

Et la transformer.

En ce qu’il y a de plus sombre en ce monde.

En une créature des ténèbres. Que plus rien ne pourra désormais faire revenir à l’humanité.

Mais qui en deviendra son esclave.

Pour l’éternité.

Si ta vie n'avait pas de sens ... il n'y en aura pas plus dans ta mort.


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Joah Andersen
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Message Sujet: Re: [+18] Watch me burn. — ft. Belzebuth. 27/11/2018, 22:52

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Le feu, les cris, la cendre.
Triptyque récurrent dans leurs existences grises.

Il y a le feu, les flammes qui dévorent un village ou Klapeida,
Ou bien le corps de l’homme qui hurle et rie sur le bûcher.

Le feu, les flammes, la neige et les montagnes gelées,
Feu, flammes, craie sur le tableau gris et règles rouillées.
Feu et flammes et camisole, murs blancs, capitonnés.

A bien y penser, tout s’est toujours résumé à ce brasier destructeur.


Empreinte d’un corps brisé :

Le démon lui insuffle la mort et la damne, ses chairs corrompues de force se tordant. Ce n’était pas censé arriver, par comme ça. Le fou hurle, il hurle de joie à la vue des flammes et il hurle un peu de colère aussi, dans sa folle lucidité. Peut-être qu’il hurle parce qu’elle hurle elle aussi, dans le carcan de ses synapses, elle hurle et elle pleure de rage et de frustration en sentant cette maudite vie continuer à s’accrocher.


La réaction ne tarde pas à arriver. Il se tord, son corps, sa colonne vertébrale se brise dans un ignoble grincement. Ce cadavre qui n’a plus rien d’humain prend feu à nouveau, bravant l’interdit apposé par le roi démon et se joignant de nouveau au carnage alentour.


Les flammes se remettent à danser, furieuses, léchant la chair de la damnée dont la peau mutilée semble pourtant se régénérer au fil des minutes. Lentement. Le masque de chair puis de peau apparait lisse sur son corps nu baigné de feu. Plus aucune aspérité sur ses courbes, les cicatrices gommées jusqu’à l’os. De temps à autres, un éclat de ce qui se méprend pour une étoile brûle sa chair nouvelle pour y laisser une nouvelle constellation rousse.


Lumière :

La lumière irradie bien vite de ce berceau infernal. Discrète tout d’abord, imprégnant cette bien étrange poussière, elle semble augmenter au fil des secondes, alors que la gorge du nouveau-né s’ouvre sur un cri bestial, un cri d’agonie immonde accompagnant l’immense halo doré qui baigne son crâne.


Elle hurle.
Et hurle.
Et hurle.
Et hurle.

…. Et hurle….



Craquement d’os, à nouveau. Sa colonne reformée s’émiette alors qu’une gerbe de sang coule le long de son menton. Le cri bestial s’amplifie, faisant frémir et les flammes et la structure de métal ébranlée par cette tragédie. Ce n’est plus ni un cri, ni un hurlement. C’est bien plus fort que cela. Profond. Puissant.

La douleur d’un être qui se fend en deux.

Son dos se déforme, se met à fumer, l’odeur de la chaire brûlée accompagnant vite la cicatrice immense de laquelle semble vouloir s’extraire une toute autre série d’os. Le corps torturé à l’hôte absente se cambre, hurlant à nouveau alors qu’une colonne perce sa chair, les flammes entourant bien vite le nouveau-né dont la poitrine se détache petit à petit de son jumeau prostré à terre.


Monstruosité.

La bouche du nouvel être d’arrache alors qu’il hurle à son tour, l’immense halo se brisant en deux, sa lumière aveuglante un instant. Le sang coulant de ses plaies ouvertes se mue en un étrange magma doré alors qu’il s’effondre à terre, en chien de fusil, à côté de la femme rousse dont le dos à vif peine à se refermer.


Leurs deux visages face à face ;

Le visage d’une femme qui aurait pu être une idole, la partie inférieure d’un soleil baignant ses longs cheveux d’un rouge semblable à ceux des flammes.
Le visage d’une anomalie à la peau blafarde, un trou béant en guise de gueule et deux minuscules trous cachés par ses boucles rouges entendant à peine le crépitement des flammes.

Les yeux de Joah restent fermés, le visage tordu dans une expression douloureuse.
Le jumeau qui gémit n’a ni globe oculaire ni emplacement à destination d’une telle spécificité.  


Leurs corps, côte à côte ;

Le corps de la suicidée saigne abondamment de cet étrange magma luisant, douloureux, maltraité, mais entier. Sur sa poitrine, un sillon de lumière semble avoir tracé le dessin de cette partie inférieure de soleil.
Le corps du monstre peine à se regénérer entièrement, ses côtes encore apparentes sur ses poumons entre lesquels manque un cœur. Le palpitant absent de ce fœtus immonde. Sur son front, un sillon de lumière fini de graver le dessin d’une partie supérieure de soleil, répondant à son propre halo.

Il halète, gémit, et puis ses griffes grattent le sol et les bords de son corps androgyne.
Perdu, douloureux, paniqué.

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Message Sujet: Re: [+18] Watch me burn. — ft. Belzebuth. 28/11/2018, 15:18

Jamais. Non jamais. Il n'a rien vu de si magnifique. De si beau. Sa notion d'esthétisme. Muée en quelque chose d'affreux. Horrible. Désir obscur de voir les corps se tordre dans des bruits déchirants. Comme maintenant. Lui. L'ange Triel. Qui autrefois savait dompter la musique. Le chant. Archange adorateur de l'Art. Il n'avait maintenant plus qu'une soif. Celle du sang. De la douleur. D'un feu ardant. De la déchéance. Oh oui tout ceci pour lui. Était réellement superbe. Procurait en lui une immense satisfaction. Ce Requiem annonciateur d'un changement. Un début. Une fin. La fin de tout ce qu'on avait jusqu'alors aspiré à obtenir. Non tout ceci. Était une fin. Et le recommencement. Le début d'une nouvelle vie pour elle. Eux. Et pour lui. La rédemption.

L'ombre gigantesque du roi se mue rapidement en forme de chien, alors que les flammes reprennent de la puissance. Laissant ces deux formes démoniaques devant lui. Identiques. Presque. Seule l'une d'entre elle. Importe. Le regard du démon ne semble pas gêné par la lumière. Puis. Il la gueule immense se rapproche. De celui qui n'a pas d'yeux pour voir. Ou de bouche pour bien parler. La monstruosité. 

Son museau le renifle. Un filet de bave encore chaud lui retombant dessus. Par inadvertance. Alors qu'une voix profonde cherche à le rassurer. 

N'ai pas peur, frêle créature. Accepte ma protection. Tu verras. C'était le seul moyen de te libérer de tes chaînes.

Son regard quitte le monstre. Pour regarder la nouvelle démone. Elle a survécu. Elle aussi. Elle sera nouvelle. Vivante. Elle ne l'acceptera peut-être pas.

Toi. Je ferais peut-être mieux de te détruire pendant qu'il est encore temps. C'est ce que tu voulais ... de toute manière.

L'immense forme de chien vient se poser. Au dessus d'elle, veillant à ne pas toucher ce sang doré. Alors qu'il se met à grogner. A quelques centimètres. Prêt à la happer. La dévorer. La déchiqueter. Tout ne prendrait qu'une seconde pour la mettre en pièce. Elle qui est encore si fragile. Aussi.

L'un des jumeaux ne l'intéresse pas. Autant éviter qu'elle cause plus de problèmes...


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Message Sujet: Re: [+18] Watch me burn. — ft. Belzebuth. 30/11/2018, 13:59

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La douleur est horrible. Insoutenable. Les corps maltraités par la transformation sont encore sanguinolents de ces plaies ouvertes, tremblants et prostrés au sol, incapable pour l’instant d’esquisser le moindre mouvement. Le monstre gratte la pierre calcinée, un gémissement pathétique sortant de nouveau de ce trou béant et douloureux qui compose l’orifice buccal désormais. Sous quel dieu une telle créature a-t-elle pu voir le jour ?... ses mains disproportionnées cherchent à s’accrocher à tout, n’importe quoi, ce filet de bave chaude, cette présence qu’il peut sentir sans voir. Jamais de toute son existence n’a-t-il été aveugle. Cette privation d’un sens s’accompagne d’un immense sentiment de vide au creux de sa poitrine absente d’un palpitant qu’il peut cependant sentir, quelque part, s’affolant sous les côtes de sa…. Jumelle….

Joah Andersen.
Ainsi privée de ce parasite qui composait pourtant tout un pan de sa personne, la suicidée gît à terre, sans réaction autre que les coups paniqués de ce cœur qui bat pour deux. L’air autour d’eux la brûle sans la blesser. Un instant, le monstre manque de prendre feu, avant que les flammes ne cessent sur son corps nouveau, comme un bâillement ou une envie d’éternuer.


N'ai pas peur, frêle créature. Accepte ma protection. Tu verras. C'était le seul moyen de te libérer de tes chaînes.

Comprend-t-il seulement le sens de ces paroles ? Impossible de le déterminer, si ce n’est que la chose gémit de plus belle, s’agitant au sol, ses mouvements incohérents, décoordonnés, comme un poulain qui vient de naitre et ne sait pas encore marcher. Sa main tâtonne. Comme cherchant autour de lui.


Toi. Je ferais peut-être mieux de te détruire pendant qu'il est encore temps. C'est ce que tu voulais ... de toute manière.

Aucune réaction venant de la nouvelle démone prostrée à terre. Les doigts griffus de l’anomalie viennent finalement rencontrer un corps, un bras à la peau douce autour duquel ils viennent se refermer, tirant le corps de sa jumelle un peu plus près de lui. Ou du moins essayant. Cette odeur familière, ces battements de cœur dont il est privé mais qui lui appartiennent pourtant à lui aussi. Et cette chaleur qu’elle dégage….

Non, décidément, il ne comprend pas la portée des paroles du roi qui s’apprête à l’annihiler. Poussant un cri étranglé, une nouvelle plainte lorsque sa main déformée atteint finalement un visage baigné de larmes dorées qu’il caresse avec une monstrueuse dévotion.


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Message Sujet: Re: [+18] Watch me burn. — ft. Belzebuth. 30/11/2018, 14:32

Watching you burnIt's not my fault,
I like you better dressed up in misery.
( Oomph → Labyrinth )
Les flammes, les morts, les enfants qui pleurent et les cris d’agonie au loin. La police tentant de juguler le chaos, en vain. Les hôpitaux bientôt saturés. Les morgues pleines à craquer. Le nombre démentiel d’enterrements et de messes qui seront célébrés dans quelques jours. Et le traumatisme. Les répercussions sur toute la capitale. Les londoniens qui bientôt réaliseront que leurs vies peuvent s’arrêter si simplement, en une nuit, par l’impulsion d’une unique personne en quête de chaos….

… Ah, le chaos.


Les flammes crépitent, immortelles en cette nuit sanglante. Elles s’élèvent jusqu’au ciel et annihilent toute vie se trouvant en leur étreinte. Les flammes entourent ce triptyque ironique sur lequel la créature des abysses garde un œil attentif. Il y a ce chien des enfers, un monstre immonde. Et cette femme qui luit comme un soleil, baignée de lumière.

Et ce halo divin brisé en deux…

L’ombre observe, nichée au creux des flammes. Le chien qui s’approche des jumeaux damnés, ce sang doré, l’éveil pathétique de l’anomalie qui possède un corps à sa propre image désormais. Il observe. Cette âme désormais noire, souillée, corrompue. L’âme de la femme dont il se serait repu, si son insatiable curiosité ne l’avait pas poussé à rester en retrait et attendre, malgré les appels et les complaintes de celle qui s’est tuée par amour.


Toi. Je ferais peut-être mieux de te détruire pendant qu'il est encore temps. C'est ce que tu voulais ... de toute manière.

Un sourire déformé étire les traits du cauchemar. Autour d’eux, le monde semble s’assombrir petit à petit alors qu’une brise glaciale, impossible au milieu du brasier, enveloppe les damnés alentours. Un rire. Rauque, profond. La pointe des flammes se teinte d’un noir d’encre alors que les ombres s’étirent, une silhouette haute sort des flammes pour s’approcher d’un pas nonchalant. C’est lui. Sans l’être. Une projection du démon dont l’essence première est cependant bien proche.

Sa bouche horrible s’entrouvre sur une voix étrangement douce. Suave, les intonations chaleureuses et apaisantes. Rendant d’autant plus immonde la créature cauchemardesque proférant ces paroles.


Regarde-toi, mon amour…

Impossible de distinguer ses yeux, pourtant le monstre semble baisser subtilement le menton, apportant son attention sur cette femme baignée de soleil. De terre, une série de mains déformées semblent surgir pour éloigner l’anomalie agrippée à la démone tout juste née. Alors que le cauchemar se tourne vers le Roi. Souriant. Amusé. Dangereux.


…Il fallait que le grand méchant loup ne te dévore avant moi.
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